Et c'est cette musique qui résonne longuement après le frisson, après que le
regard ne contemple plus l''uvre. 'uvres de courage, de courage intime, et
donc vrai. Tintoré n'assène pas des victoires faciles; aucune bravache chez
lui. Il ne fuit pas le n'ud ancestral; il ne nie pas l'horreur de se
complaire dans la douleur: il l'investit, farouchement et tranquillement,
pour la dénouer en espace d'espoir.
Texte du catalogue
Prof. Miguel Mesquita da Cuhna
L’oeuvre de Manu Tintoré résonne. A dire vrai, elle fait frissonner. Des enchevêtrements, qui d’emblée nous renvoient à nos propres nœuds, si souvent enfouis, niés, refoulés. Tant d’horreurs cachées auxquelles nous consentons par peur panique de les affronter, les résoudre, les dissoudre. De même les sculptures de Tintoré: complexité, sinuosités, mystère. Peut-on tirer sens de tant de cassures et de coupures ? Mais, qu’on y regarde de plus près… Que le regard soutienne l’imbriqué… tout prend alors, très vite, un sens nouveau, frais et léger, teinté de sang peut-être - mais du sang qui bat pour la vie, non du sang qui coule pour la mort. Car ce sont d’humbles, d’infimes et de si fragiles matériaux que l’artiste convoque pour investir l’espace. Lamelles de bois et presque brindilles, copeaux de métal docilement ondulants, dérisoires accessoires de l’égaré; du tout-venant. Du négligeable, du quotidien. Et de ces pauvretés il structure l’espace – oh ! certes, un espace embrouillé encore et en mouvement, traversé – non: transpercé de blessures et de contradictions. Mais c’est de cela même, justement, de ces imbrications subies ou consenties que naît la structure, que le frêle et le précaire & le vulnérable se constituent et s’offrent à nos regards comme sens et comme musique. Oui, musique. Car ces sculptures ne parlent pas; elles chantent, a capella, altières monodies, ou parfois, au loin, polyphonies tressées de respect. Et c’est cette musique qui résonne longuement après le frisson, après que le regard ne contemple plus l’œuvre. Œuvres de courage, de courage intime, et donc vrai. Tintoré n’assène pas des victoires faciles; aucune bravache chez lui. Il ne fuit pas le nœud ancestral; il ne nie pas l’horreur de se complaire dans la douleur: il l’investit, farouchement et tranquillement, pour la dénouer en espace d’espoir. L’œuvre de Manu vb Tintoré, est tissée de liens, tressée de solidarités, et aussi transpercée de vulnérabilités – il en va de même pour la condition humaine. Sous la métaphore du métal et du bois inertes, signe de distance délicate et d’ascèse, l’artiste révèle la trame qui constitue. L’homme donc peut prendre place devant ses sculptures. Et si vous me rétorquez le caoutchouc et les aiguilles du sadique, les piques venimeuses du sous-marin qui rôde ou de la grenade qui roule, les volumes compressés des cages et des cageots, oui certes, il ne les méconnaît pas. Tout au contraire, il ose exposer ces volumes noirs et clos, réalité de noirceur et d’enfermement auxquelles l’artiste oppose ses « matrices », entrelacs victorieux et fragiles où l’espace devient chant, où la souffrance est lentement transmuée en désir et la mémoire en liberté.
Prof. Miguel Mesquita da Cuhna, Catàleg exposició Habemus pupa (2006-03-01)
«El pintor y escultor Manu vb Tintoré – Bruselas, 1964- de inmediato asombra y encandila con sus originales piezas que presenta en la sala nº 2 del Centro Cultural. No es nada sencillo a estas alturas, con tantas evoluciones que naturalmente ha conocido el arte desde lejanos tiempos, encontrar un peculiar artista que además se le puede añadir el calificativo de inspirado creador. Decir algo inédito, sugestivo, mágico e incluso misterioso, y que además tenga la vigorosa fuerza de llamar la atención, por de pronto es cosa poco habitual en estos días de brillantse mediocridades estéticas. Un arte que va más allá de la técnica, con ser muy importante, que consigue que miremos cada obra para buscar y encontrar, en ella, un profundo sentimiento paralelo a la tensión y al rigor. De manera que esas volumetrías de Manu vb Tintoré, tramadas, anudadas, entrecruzadas, etcétera con sútiles medulas de caña, con madera, hierro, caucho, cuerdas, etcétera recreando ritmicas gestualidades e insólitos simbolismos y en donde la luz, el espacio, el cuerpo y la dimensión adquieren una ambigua pero tensa movilidad externa e interna que mucho acrecienta el singular concepto escultórico. Se trata, por consiguiente, de unas composiciones en las que parece que todo, en su livianidad, va flotando al partir de unas secuencias físicas y opticas a veces como si indagaran en un barroquismo expresionista con sus fantasías, sus realidades y sus subjetividades varias. Una exposición, esta del artista Manu vb Tintoré, que nos ha permitido conocer, gracias a su motivante calidad, los tortuosos y los complejos caminos de una belleza desconocida pero con innovadoras sugerencias.»
Felix Riaza, Diari de Terrassa (2006-03-30)
Can Cruanyes s/n 17853 Sales de Llierca. Girona (España). Tel.0034 972 687765 - Mob.0034 646346772 - Fax.0034 972 590790 Mail:manuvbtintore@hotmail.com